Mardi 24 juin 2008
    Après la franchise médicale, et le désengagement de l'assurance-maladie dans le remboursement des soins d'optique, ce sont maintenant les médicaments de maladies longue durée qui pourraient être moins remboursés. En France, près de huit millions de personnes sont atteintes d'une Affection Longue Durée. Les économies d’un nouveau plan de redressement de 3 milliards d'euros à partir de 2009 passeraient notamment par une réduction du taux de prise en charge de certains médicaments des patients souffrant d’ALD, qui ne seraient plus remboursés qu'à 35 % au lieu de 100 % actuellement. Les médicaments à vignette bleue - pris en charge à 100 % - pourraient n'être remboursés dès cet été ,sauf pour les invalides, les victimes d'accident du travail et les soins délivrés en maternité. Ils ne s’agirait pas du médicament traitant la maladie même, mais des médicaments dits de « confort » entourant la maladie.

    Comme l’a très justement rappelé aujourd’hui sur France 2 Christian LEHMANN, medecin et initiateur avec Bruno-Pascal Chevalier de l’appel contre la franchise Sarkosy, le médicament de confort, c’est pour le cancereux sous morphine, le traitement de la constipation induite, ou celui de la nausée lors du traitement du cancer du sein.
On peut légitimement se demander si ces réformes constituent un progrès.
La restriction du cadre des Affections de Longue Durée, est aussi évoquée dans ce plan, et l’on évoque sans honte de ne prendre en charge certaines maladies comme le diabète ou les maladies cardio-vasculaires qu'au stade des complications avérées.

    Comment Frédéric Van Roekeghem, nommé à la tête de la Caisse nationale d'assurance-maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) le 22 septembre dernier, parviendra t-il à nous faire croire que son plan pourrait « sauver » notre système solidaire de sécurité sociale ? Et qu’il ne s’agit pas là d’une forme de privatisation du système, livrant par là même un nouveau marché aux assurances privées ? Les décisions relèveront du gouvernement et du parlement, notamment à travers les lois de financement de la sécurité sociale. A quel prix le ministre du budget Eric Woerth veut-il "amplifier l'effort de redressement" des comptes de la Sécurité sociale (déficit un peu plus de 4 milliards pour la branche maladie) ?

J'ai du mal à admettre que l’équilibre se réalisera au prix d’une fracture sociale aggravée, les personnes les plus pauvres ne disposant pas de mutuelles privées, et alors qu’une différence de durée de vie peut déjà se mesurer entre cadre et ouvrier.
par Isabelle BRYON
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